Établi à Montréal depuis 1999, Alternative Suspension opère à ce jour six points de services sur l’île de Montréal, oeuvrant avec trois commissions scolaires (Commission scolaire de Montréal, Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys et Commission scolaire Pointe de l’île) et touchant 25 écoles secondaires au total. Depuis septembre 2007, deux villes supplémentaires ont accueilli le programme : un premier point de service dans la ville de Joliette et un deuxième point de service dans la ville de Québec. Deux commissions scolaires se rajoutent donc à celles déjà partenaires : la Commision scolaire des Samares et la Commission scolaire de La Capitale.
Fort d’une évaluation menée sur trois ans par une firme d’experts indépendants, Alternative Suspension poursuit depuis sa diffusion de façon exponentielle. Les résultats de l’étude ayant démontré la pertinence et l’efficacité du programme, Alternative Suspension vise à établir des partenariats avec des organismes communautaires et des commissions scolaires du Québec et du Canada qui seraient intéressés à offrir le programme à leurs communautés. Nous sommes donc en mesure d’offrir aux écoles et aux organismes l’expertise développée au fil des ans. S’accumulent ainsi les points de services et les partenariats, fortifiant le projet et l’amenant à des gains forts impressionnants en rejoignant une clientèle de plus en plus nombreuse.
Nous serions donc en mesure d’offrir aux écoles
et aux organismes l’expertise développée
au fil des ans. Programme flexible et rigoureux, Alternative
Suspension s’est avéré une solution concrète
à différentes problématiques rencontrées
par les directions d’écoles. L’équipe
du programme reste disponible pour répondre à
tout questionnement mais peut aussi se déplacer si
une présentation détaillée s’avérait
nécessaire.
L’école communautaire
Le programme a toujours mis de l’avant la participation
active des différents partenaires. Sans dédoubler
ce qui se fait déjà dans le milieu scolaire,
le programme se veut une mesure terrain proactive venant enrichir
les possibilités d’éducation et renforcer
le projet pédagogique des écoles. L’implication
initiale et constante des différents acteurs du milieu
démontre clairement l’esprit de partenariat qui
guide la mise sur pied et le fonctionnement du programme tout
en assurant une réponse adaptée aux besoins
collectifs.
Le concept d’école communautaire mise sur le
partenariat école-famille-communauté afin d’offrir
des pratiques éducatives de qualité. Les apprentissages
des élèves sont influencés à la
fois parce qu’ils vivent à l’école,
dans leur famille et dans leur communauté. Depuis ses
débuts, Alternative Suspension préconise une
approche multisectorielle où parents, écoles
et communauté oeuvrent de concert afin que tous adoptent,
non pas une approche cloisonnée, mais une vision commune
de la réussite des jeunes.
La suspension traditionnelle : un échec annoncé
?
La suspension scolaire est considérée comme
une mesure extrême qui s’applique aux jeunes ayant
des comportements hautement désapprouvés par
les règlements de leur école. La suspension
scolaire est généralement appliquée dans
le cas d’actions qui dérangent sérieusement
l’ambiance d’apprentissage, qui mettent en danger
les autres jeunes, qui endommagent la propriété
de l’école ou qui montrent un manque de respect
pour l’école ou le personnel scolaire.
La suspension interne
La suspension à l’intérieur de l’école
permet au jeune de rester dans un environnement structuré
et supervisé, tout en étant retiré de
sa classe sans être relégué à la
rue. Si ce type de suspension fait partie des standards disciplinaires
de toutes les écoles, l’impact de cette approche
ne fait pas l’unanimité. Il a été
constaté qu’elle n’avait pas d’effets
apparents sur les comportements dérangeants en classe
ni sur l’amélioration du parcours académique.
Pour bon nombre d’écoles, la suspension interne
n’est pas accompagnée d’un plan d’action
spécifique. Cette suspension peut donc se transformer
en temps libre avec un minimum de supervision. Il a aussi
été relevé qu’un programme qui
vise uniquement à punir les jeunes en les gardant dans
l’édifice scolaire sera inefficace sur les comportements
futurs. Une telle approche pourra en fait accroître
les problèmes du jeune en ne l’aidant, ni au
plan comportemental ni au plan académique, à
préparer sa réintégration scolaire.
La suspension externe
Une suspension à l’extérieur de l’école
exclut le jeune de son milieu scolaire dans le but de lui
faire comprendre que son comportement est grave et inacceptable.
En retirant le jeune, on vise à protéger également
les autres personnes (jeunes ou professionnels de l’école)
des comportements problématiques qui ont mené
à la suspension. Cette forme de suspension n’offre
pas de stratégies pour changer son comportement, marginalise
davantage le jeune en difficulté et se traduit par
une performance académique encore plus faible. Le jeune
à risque va développer plus de problèmes
de comportement lorsqu’il est exclu de son environnement
scolaire.
Certaines études ont également démontré
que la suspension peut nuire à la sécurité
de la communauté en mettant des jeunes avec des problèmes
de comportement dans la rue sans supervision. Sans toutefois
généraliser ce phénomène, la suspension
peut aussi augmenter les chances d’un jeune de participer
à des activités délinquantes.
La suspension : en faire un terrain d’apprentissage
?
Les politiques scolaires basées uniquement sur une
approche punitive ont, selon plusieurs études, échoué
quant à l’objectif de réduire les problèmes
de comportement dans les écoles; elles peuvent même
s’avérer contre-productives. Celles-ci soulignent
qu’afin d’avoir un impact, l’accent doit
être mis sur l’apprentissage et la réinsertion
scolaire.
La suspension doit être adaptée à l’intérêt
de l’étudiant et conduite de manière à
lui enseigner les bons comportements. Le National Association
of School Psychologists (2002) a constaté que, plutôt
que d’utiliser une approche punitive, les écoles
devraient viser à réduire l’aliénation
ressentie par les jeunes par rapport à l’école.
On y soutient qu’un programme efficient doit offrir
un environnement stimulant pour les aider à développer
leurs capacités à travers des relations valorisantes
avec les intervenants. L’intervention devrait également
offrir une approche individualisée qui analyse les
raisons et les causes des problèmes ayant mené
à la suspension et qui propose aux jeunes des stratégies
pour mieux s’intégrer au milieu scolaire.
Au Québec, Royer, Bitaudeau et Verville (1996) postulaient
que la suspension devrait être appliquée dans
une optique éducative et préventive plutôt
que punitive. Une intervention porteuse sera celle qui aide
le jeune à développer ses compétences
et ses habiletés sociales.
C’est sur ces différents constats que vient s’appuyer
l’approche du programme Alternative Suspension.
Pour en savoir plus, consultez la section programme. |